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Coparentalité: une famille, une équipe

Coparentalité: une famille, une équipe

Guillaume St-Pierre

Publié le 1 août 2026

Coparentalité: une famille, une équipe… même dans deux maisons

La coparentalité ne commence pas après la séparation, elle continue.

Elle change de forme, elle demande des ajustements mais elle reste au cœur de la stabilité de l’enfant.

Dans un contexte monoparental ou recomposé, la coparentalité peut devenir un terrain délicat: répartition des responsabilités, communication, gestion des horaires, cohérence éducative.

Au Centre des familles monoparentales et recomposées de Québec, cette réalité est souvent abordée avec une idée centrale:
- l’enfant n’a pas besoin de parents parfaits.
- il a besoin d’une équipe fonctionnelle.

Qu’est-ce que la coparentalité?

La coparentalité désigne la manière dont deux parents collaborent dans l’éducation et le bien-être de leur enfant, qu’ils soient en couple ou séparés.

Selon les recherches en psychologie familiale (Feinberg, 2003; McHale & Lindahl, 2011), une coparentalité fonctionnelle repose sur:

  • Le respect mutuel

  • La reconnaissance du rôle de l’autre parent

  • Une communication minimale mais stable

  • L’absence de dénigrement devant l’enfant

Il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout. Il s’agit d’éviter que les désaccords deviennent un champ de bataille.

Pourquoi la coparentalité influence autant l’enfant?

Les études démontrent que le niveau de conflit coparental est un facteur déterminant du bien-être émotionnel des enfants après une séparation.

Selon l’American Psychological Association (APA), ce n’est pas la séparation elle-même qui affecte le plus l’enfant, mais:

  • L’intensité et la fréquence des conflits

  • L’exposition répétée aux tensions

  • La pression de loyauté

Un enfant qui sent que ses deux parents coopèrent, même minimalement, développe:

  • Un sentiment de sécurité

  • Une stabilité émotionnelle

  • Une capacité d’adaptation plus forte

«Une famille, une équipe»: est-ce réaliste?

Oui… mais différemment.

Une équipe ne signifie pas:

  • être amis

  • passer du temps ensemble

  • tout faire de la même manière

Une équipe signifie:

  • partager la responsabilité parentale

  • éviter de placer l’enfant au centre du conflit

  • reconnaître que chacun a sa place

Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la cohérence entre les milieux de vie favorise la sécurité affective.

Les règles n’ont pas besoin d’être identiques dans les deux maisons. Elles doivent être suffisamment claires pour que l’enfant comprenne le cadre.

Les défis fréquents

La coparentalité peut devenir fragile lorsque:

  • Les blessures de la séparation ne sont pas apaisées

  • Les attentes ne sont pas clarifiées

  • Les responsabilités sont mal réparties

  • La communication devient accusatoire

La gestion des tâches (lifts, rendez-vous, devoirs, dépenses) peut devenir un terrain de tension. Selon des études sur la charge mentale parentale (Daminger, 2019), l’inégalité perçue dans la gestion familiale est une source fréquente de conflit. Clarifier les responsabilités réduit considérablement la tension.

Comment renforcer une coparentalité fonctionnelle?

Quelques repères issus des recherches en intervention familiale:

1 Séparer la relation conjugale de la relation parentale

La relation de couple peut être terminée.
La relation parentale, elle, continue.

2 Utiliser une communication structurée

Messages courts, factuels, centrés sur l’enfant.

3 Éviter le dénigrement

Même subtil, il affecte l’enfant.

- Clarifier les attentes logistiques

Qui fait quoi? Quand? Comment?

Quand la coparentalité est minimale… mais suffisante

Toutes les coparentalités ne deviennent pas harmonieuses. Certaines restent distantes. Et c’est parfois suffisant.

Les recherches montrent qu’une coparentalité «neutre et respectueuse» protège mieux l’enfant qu’une coparentalité conflictuelle cherchant la perfection. L’objectif n’est pas l’harmonie idéale. C’est la stabilité fonctionnelle.

En conclusion

La coparentalité est un processus, elle évolue et demande des ajustements constants. Mais lorsqu’elle repose sur le respect minimal du rôle de chacun, elle devient un puissant facteur de protection pour l’enfant.

Une famille peut exister dans deux maisons. Une équipe peut fonctionner sans être parfaite. Et parfois, c’est largement suffisant.

Sources

  • Feinberg, M. E. (2003). The Internal Structure and Ecological Context of Coparenting.

  • McHale, J., & Lindahl, K. (2011). Coparenting: A Conceptual and Clinical Examination.

  • American Psychological Association (APA). (2020-2023). Children and Divorce Guidelines.

  • Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Parentalité et sécurité affective.

  • Daminger, A. (2019). The Cognitive Dimension of Household Labor. American Sociological Review.

Guillaume St-Pierre

Responsable de la vie associative

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